article 860 : le ronge-temps

Un racleur est une entrité venant dévoraliner, les lambeaux de temps pourris bleuis.

Un racleur vient lécher et sucer les chairs déliquescentes du temps.

Un racleur est un bouffe-temps.

Un raclo est un rakleur.

Un racleur viens avaler le pus atroce jaunâtre sanieux de la disparition.

Un racleur est ce qui fait que le temps passé ne perdure.

Un racleur est un charognard temporel.

Un racleur est un rat chronaïque.

Note importante : ce jour-là, exactement et particulièrement du 11 primidi de germinal 234, oui-même, le raccleur dans sa puissance (c’est pure gentillesse de sa part de t’avoir conféré un tel don !) t’a fait éprouviller, ressentir (cela a toujours été par ailleurs et en vérité, ta grande capacité de lier ton corps et ton esprit à l’abstrait) véritablement l’aspiration ontologique du temps passé ainsi que la pression de similaire nature du temps venant, également de l’infini multiplicité des instants et de leurs possibles. Les ramifications réelles ou imaginaires (il faudra savoir quel est le statut de cette distinction, un jour…) de ce qui arrive sont comme rus, ruisseaux, rivières et fleuves. Tu as grandement et bellement et anxieusement senti la présence de ces toi-même étalés, dont la transparence est indice de probabilité, ta conscience se détachant avec une certaine douleur du strict instant présent… Ce décrochage de l’unicité est une ivresse vertiginieuse provoquant un long et magique et stupéfiant étirement de ce qui reste de ma daseinéïté !



le ronge-temps